Le côté obscur de la Force…

Ou encore… Mains créatives thérapeutes de l’âme…

Ou encore… Mon âme à nue, strip-tease intégral…

Ou encore… La force des ateliers en famille…

Etc etc etc…

(Post non recommandé aux âmes sensibles à la destruction de l’image de la femme/mère/épouse parfaite et heureuse en toutes circonstances)

Ce matin, en pleine gueule de bois post catharsis violente d’hier, je me suis motivée à me réveiller, sauter sur mes 2 pieds, sourire et oublier mon mal de tête et mes angoisses, lutter avec ma fille Rita, de 7ans, pour qu’elle maintienne son compromis et se lève aussi (très dur pour elle, si ça veut dire se réveiller avant son heure naturelle de plus ou moins 10h du mat… sauf une seule fois, quand on est allé a Disneyland, levés à 4 h du mat, aucun problème)

J’ai pris une infusion, une pomme, Claudio et moi nous sommes relayés pendant environ 3 quart d’heure pour arriver à lever Rita de son lit, à force de « on s’est engagé pour cet atelier ma belle, il y a des gens qui ne pourront pas venir car on a réservé la place… »

Puis nous y sommes allé, Rita, enfin réveillée, motivée, et avec des sandwichs amoureusement fait par son papa, et moi, heureuse de la voir motivée et réveillée, hehe…
Un métro et une petite marche après, nous sommes arrivés à Montana shop (Gracia, Barcelona) pour faire un atelier super intéressant avec Anam, pour créer un morceau d’armure avec du foam… Au fur et à mesure de cet atelier, en apprenant, en faisant, en essayant, en partageant avec Rita, toutes mes angoisses d’hier ont disparu… Je me suis apaisée alors que mes mains travaillaient, que mon cerveau enregistrait…

Rita était à fond… me demandait, demandait à Anam… elle a utilisé la colle contact, le fer a souder, le cutter… a dessiné, redessiné, découpé…

Petit aparté: « les ateliers en famille »… J’ai eu une expérience assez désagréable, pour un atelier de photolithographie, auquel je m’étais inscrite avec Rita, de recevoir une réponse « ok, mais c’est pas pour les enfants, elle ne restera pas concentrée longtemps et risque de déranger les autres participants »… j’avais serré les dents et dit ok quand même… On avait annulé finalement notre inscription, quand une amie qui s’était inscrite avec ses 2 filles de 8 et 9 ans a reçu « 3 enfants c’est vraiment trop, ce sera le bazar »… On parle d’enfants de plus de 6 ou 7 ans, quand la concentration est deja plus présente, et quand au pire s’ils ne se concentrent pas, ils sont autonomes et peuvent jouer tranquillement, dessiner ou papoter… Ce manque d’envie d’expérimenter avec les enfants m’a vraiment énervé… Je fais moi même des ateliers en famille, Arte Libre, ouverts a tous, et j’apprends à chaque instant, et mon inspiration est plus que stimulée en voyant ce que les enfants sont capables de faire, sans nos limites et nos filtres d’adultes… Bref, si vous êtes d’accord, partagez cette idée autour de vous… le monde adulte et le monde enfant n’ont pas à être séparés… il y a un seul monde, le monde réel, celui dans lequel chacun de nous vit, avec ses bonheurs et ses peurs, chacun à son échelle, mais nous le vivons ensemble!!

Voila voila…

Revenons a nos moutons… Nous avons fini l’atelier… 3h non stop, Rita est restée concentrée et super motivée et a fait un chouette boulot, bien à son image… et j’ai fait le mien aussi!

Et non, ce n’était pas juste un post sur les vertues de la scultpture du foam pour faire des armures, ou sur les ateliers en famille, ou comment remonter la pente en faisant des trucs créatifs avec ses mains (c’est ma drogue avec la danse, la votre ça peut être le tricot, la bière artisanale ou les jeux videos, c’est vous qui voyez…)

C’était surtout pour dire oui. ON CRAQUE… oui, on le montre rarement… notre tête fatiguée, nos angoisses, nos peurs, ces moments ou on hait le monde entier, y compris nos enfants, notre chéri, et surtout, surtout, nous-même… Et oui, ça arrive a tout le monde, avec ou sans enfant, en couple ou célibataire, riche ou pauvre… etc etc… On a tous notre propre échelle de « limite émotionnelle », et celle de la personne d’à côté n’est pas la nôtre, il est bon de se le rappeler, pour notre bien comme pour le bien de cette personne… (et lui rappeler si besoin est)…

J’ai pas de photo de ma tête après 3h (ou plus, je ne sais pas, black out total) de pleurs non stop, de crise d’angoisse, de sanglots, assise par terre, dans l’ombre, pour ne pas trop inquiéter les enfants, après des heures de je t’aime moi non plus avec mon chéri, à essayer de comprendre ce qui ne va pas… à me rentrer moi même le couteau de mes angoisses dans la blessure qui saigne…

Chuchoter à l’aide, en se demandant ce qu’on veut vraiment, pourquoi ça va pas? J’ai un toit, de quoi manger, des gens que j’aime auprès de moi… alors???

Oui, j’ai plein de raisons d’angoisser, moins de temps que ce que je voudrais pour faire mon travail de création couture… Pas assez de sous… Fatiguée… Besoin de déconnecter de ce tourbillon de la vie, me poser calme… Parfois c’est possible, et parfois c’est dur… Chacun a ses raisons…

Après 2 semaines et un weekend chargés, en boulot, activités, réunions en famille ou pour le boulot, pas trop le temps de respirer, mauvaise organisation de mon temps aussi, et mauvaise organisation du temps avec mon chéri, je me raccrochais à hier, vendredi, comme à une bouée de sauvetage, pour avancer la robe de mariée, pour me reposer seule, pour prendre mon temps, pour me vider la tête des mille informations qui y sautillent en permanence et la remplir de mes inspirations, ma créativité, mes envies… Et ça ne s’est pas passé comme prévu… Manque de place, de temps, je n’ai pas pu faire ce que je voulais, je me suis mis a trépigner seule, frustrée, je me suis mise à crier sur Claudio, celui que j’aime, celui qui m’a permis d’être moi, qui m’a toujours soutenue, car j’étais perdue dans le temps, je les voulais tous dehors et ils ne sortaient pas, je me suis mise à hurler sur les petits car la chambre était en bazar, je ne pouvais pas y mettre les jouets qui m’empêchaient d’étaler mon tulle au sol… Je voulais qu’ils partent tous, et je pleurais… J’ai pleuré des heures… J’ai même caressé l’idée de me faire de petites coupures, comme lorsque j’étais ado, et que personne ne m’écoutait… J’étais revenue à ça, cet amalgame de frustrations… Mon moi adolescent habitait mon corps de nouveau…

Puis on a parlé… beaucoup… on a essayé de trouver des solutions, on a mis au clair nos frustrations… la catharsis s’est conclue petit a petit…

Câlins, respirations, douche chaude… petit repas collés les uns aux autres, en regardant un petit film, moi demandant mille fois pardon pour mes hurlements…

Je me suis endormie à peine allongée… ce qui m’arrive… seulement lors de ces catharsis violentes… Est-ce un mal nécessaire? Je pourrais m’organiser mieux et ça n’arriverait pas? Je ne sais pas… je me poserai la question a la prochaine catharsis…

Aujourd’hui je vais bien… mes yeux sont encore un peu gonflés, ma tête résonne un peu, mais l’autothérapie s’est mise en marche… je guéris…

Maintenant je suis seule à la maison. Avant de me mettre à ma couture, j’avais besoin de partager ça… Car je sais que je ne suis pas seule dans ce cas… La vie, la vie de femme, de mère, d’unschooler, d’artiste, de freelance… n’est pas toute rose… Elle est de toutes les couleurs, et parfois très sombre… et on continue… Ces problèmes sont les miens, ils sont plus ou moins « graves » que les autres, mais j’ai le droit de me plaindre, et de me sentir mal… et de demander de l’aide…

Vous aussi…

Un câlin espagnol et un sourire pour chacun de vous…

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